Bio

Biographie de Jean-Louis Vallas

Jean-Louis Vallas

Jean-Louis Vallas (1901-1995) est un poète, écrivain français couronné par l’Académie française.

L’œuvre de l’homme de lettres est largement consacrée à la description passionnée de l’âme de Paris et de celle de Montmartre1. Elle se plonge également dans la célébration de la beauté de l’amour et de la femme végétalisée au fil des poèmes. On y trouve aussi, notamment dans son recueil Rimes Buissonnières, des poèmes évoquant Lyon, Lille et le Nord (« Les Terrils« , « Les Moulins de notre Flandre« , « Lille et Lyon« , »Ballade des petits pavés lillois« ,…).

Naissance à Lille : l’enfant septentrion

Louis, André, Jean Vallas (dit Jean-Louis) naît le 2 juin 1901 à Lille.

Son père, Louis Vallas (1854-1932) est un intellectuel : jurisconsulte, avocat et professeur de droit civil, doyen de la faculté de droit de Lille (1896 à 1902) et président de la Société des sciences, de l’agriculture et des arts de Lille. Le Président R. Poincaré disait de lui qu’il était le premier civiliste de France.
Sa mère est Marie, Antoinette Celle (1864-1929) est mère de six enfants, également peintre, auteur notamment de portraits.
Il a pour témoins de naissance, Emile Garçon, père du célèbre avocat-académicien Maurice Garçon, et M. Margotet, recteur de l’Académie de Lille. C’est auprès  de son père, auquel Vallas s’identifiera plus tard, et du poète Auguste Angellier, qu’il apprend la prosodie dès l’âge de sept ans. Son père, Louis Vallas est en effet poète dans l’âme et notamment l’auteur de l’émoi de Lille où il relate ses souvenirs de guerre et dédie un poème à son autre fils Maurice tué à l’ennemi en 1918. Ami fidèle d’Angellier, il lui dédiera le poème « In memoriam« . La régulière présence d’Angellier dans le foyer de la famille Vallas de la rue de la Barre marquera l’enfance de Jean-Louis et influencera son oeuvre.

A Lyon

Le jeune Jean-Louis, enfant né avec le siècle, n’a que treize ans quand la guerre éclate. Dès octobre 1914, Lille est occupée, la famille éclate. Louis Vallas reste à son poste à Lille tandis que le reste de la famille rejoint la zone non occupée.
Issu d’une vieille famille lyonnaise,  Jean-Louis retourne dans le berceau familial lyonnais.
-Du côté paternel, son grand père, Simon Vallas [1810-1872], négociant, et sa grand-mère, Jeanne Marie [1814-1889], vécurent dans le 1er arrondissement de Lyon. Son oncle, Maurice Vallas [1860-1931], professeur éminent de la faculté de médecine de Lyon, chirurgien major de l’hôtel Dieu et membre de la société de chirurgie de Lyon, invente pendant la guerre un système chirurgical automobile. Également inventeur d’une opération chirurgicale du genou qui porta son nom, c’est aujourd’hui une rue qui perpétue sa mémoire à Lyon 4e (rue du Professeur Maurice Vallas).
-Du côté maternel, son oncle Anatoile Celle fut président de la chambre de commerce de Lyon de 1932 à 1934. Une rue porte son nom à Chaponost où la famille Celle possède une maison forte depuis le XIXe siècle.

Jean-Louis fait ses études au lycée du Parc, fréquente à quatorze ans la Société des Amis de Montaigne, commence un roman à la manière de Stendhal3 et suit les concerts de Bellecour. Il obtient son baccalauréat ès-lettres en 1919.

Retour à Lille

La guerre terminée, il retourne à Lille suivre ses études de droit, notamment les cours de son père, qui enseignait en toge. Il est président des Etudiants et lauréat de la faculté. Entre 1920 et 1922, il est rédacteur en chef du journal littéraire de l’Université de Lille, « Lille-Université« , y précédant Maxence Van der Meersch. Il se lie d’amitié avec Henry-Louis Dubly, l’auteur du Cardinal Mercier et de Lyautey le magicien. Entre 1923 et 1924, il est sous-lieutenant de chars d’assaut, chargé du cours de Français aux « Alsaciens-Lorrains ». En 1926, il est admis au concours des contributions directes.

C’est en 1927, alors qu’il devient contrôleur des contributions directes à Lille, qu’il fonde et dirige, la revue « Septentrion« , dans laquelle il publie ses premiers écrits. Le premier numéro de Septentrion, « revue des marches du nord« , sort en mars 1927. Jean-Louis Vallas a alors 26 ans. Le comité de rédaction réunit des auteurs tels qu’Henry-Louis Dubly, le baron Michel Dard, la romancière et reine du Félibrige Marie Gasquet, Pierre Deffontaines, Louis Lafuma-Motte, René Derville, Léon Bocquet, Camille Melloy, Charles Singevin, Paul Barbry, Henri Massis, Jacques Valdour, Georges Motte, Emile Hoffmann, Georges Teneul, etc.

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Jean-Louis Vallas y relate notamment une remarquable entrevue de Septentrion avec le maréchal Foch (cf. photo).

En 1931, il participe au Florilège pour Albert Samain, édité par la revue « Les amis de Lille » à qui la ville de Lille dédie un monument.

Au début des années 1930, ses textes revêtent déjà un certain lyrisme poétique. Ses premiers poèmes paraissent au Mercure. Il collabore également au Jour. Il traduit du grec l’Ode sur les femmes d’Anacréon et on l’entend dans des émissions littéraires sur la radio P.T.T. Nord.

Diplômé d’études supérieures de droit public de l’université de Paris en 1930, il obtient son doctorat en droit privé en 1934. En 1930, il voyage en Pologne, invité par le Ministère culturel polonais et a une entrevue avec le colonel Massa à Barcelone.

Paris, à Montmartre

C’est au milieu des années 1930 que Vallas va s’installer dans la capitale littéraire et artistique française.  En 1936, il devient membre de la Société de Poésie. En 1937, il rencontre, au café de Flore, boulevard saint Germain, Léon-Paul Fargue, avec qui il se lie d’amitié. Il lui dédie une chorodie (« au piéton de Paris »).

Ne rejetant pas ses racines septentrionales, il rassemble de nombreuses plumes autour d’un ouvrage collectif consacré à Auguste Angellier, : « Auguste Angellier par ses amis«  est ainsi publié en 1938 sous sa direction. La même année, on l’entend dans la comédie radiophonique « Les deux Beffrois » sur Radio Lille, tandis que son poème « Ô visage des gens qui passent » est publié au Mercure de France.

En 1939, du fait de sa préparation militaire d’officier de réserve de chars, il est mobilisé comme lieutenant de réserve au 509e régiment de chars de combat à Maubeuge ; il est décoré de la Médaille des services volontaires. Entre le 20 juin et le 20 octobre 1940, il est prisonnier de guerre.

A partir de 1941, on retrouve Jean-Louis Vallas à Paris, en tant que contrôleur des contributions directes au ministère des finances. A l’époque, le ministère avait ses locaux au Louvre, à qui il dédie un poème, mais c’est surtout dans les ruelles de Montmartre, le boulevard du Montparnasse, le quartier St-Germain-des-Près que l’on trouve Vallas, avec ses amis Yves Gandon, André Thérive, Fargue…

C’est dans cette atmosphère parisienne qu’il s’inspire pour écrire Paris vivant (1961), recueil de dix-huit « poèmes et chansons » sur Paris. Le premier poème « Paris, panorama » est dédié à son frère Maurice tombé devant Paris en septembre 1918.

En 1943 parait son premier recueil, « Ponts de Paris« , qui décrit chacun des ponts aux arcs jetés sur la Seine,

En 1943-1944, il soustrait à la poursuite de la Gestapo le gendre du général Mangin.

C’est en 1949 que Jean-Louis Vallas voit sa consécration. Il devient membre de « Pen club« ,  de la société Huysmans et reçoit le Prix de poésie populiste. Il reçoit le Grand prix des Rosati d’Artois l’année suivante, en 1950. La même année a lieu une soirée en son honneur présidée par Francis Carco,  l’émission « Trois visages du Nord » à Radio-Lille lui consacre un portrait tandis que Noël de la Houssaye (société de Poésie) lui consacre une conférence.

En 1951, il est officier d’Académie. Une veillée du Lapin Agile, avec Francis Carco, Marcel Aymé et Maurice Garçon est consacrée à ses Ponts de Paris et Jean-Louis tient un éloge de La Fontaine sous la présidence du Président de la République Vicent Auriol.

Il se marie en 1952 avec Solange Montalant†, issue par sa mère d’une vieille famille lombarde établie en lorraine, la famille de Guaita, dont le plus célèbre en France fut le poète et occultiste Stanislas de Guaita. Il eurent six enfants (Angelo†, Patrice†, Xavier†, Charlotte†, Bruno† et Jean-Marie). La même année sort son recueil « O visages » en partenariat avec l’artiste canadien Paul Vanier Beaulieu.

Une certaine pudeur lui empêche d’évoquer la douleur, qu’il connaît pourtant, puisque pendant dix ans, de 1951 à 1961, il subit l’épreuve de la maladie et des cliniques. Il écrit toutefois un poème sur la souffrance, qu’il ne publiera pas 4.

En 1955, il participe à « Eventail », une anthologie de la Société de Poésie, tandis que sort son recueil « Fisc et poésie ». Il reçoit la Rose d’honneur des Rosati de France en 1956 5.

Il devient inspecteur central des impôts au sein de la direction des services généraux du Ministère des finances en 1958.

En 1959, il fait paraître « Les sabots de joie » (bibliophiles de Montmartre), participe au Florilège de N.D. de l’Epine et devient sociétaire de la Société des Gens de Lettres 6.

En 1960, Maurice Garçon fait son éloge à la société Huysmans tandis que Vallas organise et préface l’exposition des pastels de Marie de saint-Exupéry.

En 1961 paraissent ses recueils « Paris vivant« , « Pétales de femmes » et « Jardins de Paris« , respectivement illustrés par Carzou, Madeleine Scellier et Mac Avoy et qui lui valent d’être sacré « Poète de Paris« .

Il s’installe à Montmartre, au 63 rue Lepic, puis, à partir des années 1960, au 236 rue Marcadet. Un artiste le représente en roi assyrien, comme pour représenter la renommée du poète régnant sur la butte. Le peintre André Utter brossa également son portrait.

Doté d’un caractère chaleureux et d’une personnalité attachante, on l’entend à la radio, et dans différents cercles ou jurys de prix littéraires. Egalement membre de la Société des poètes français, du syndicat des écrivains, compagnon de la forêt des mille poètes, il fait partie des artistes qui animent la vie culturelle de Montmartre et que l’on retrouve souvent au lapin agile. Son poème « Au Lapin agile » est une ode au célèbre cabaret montmartrois bordé de vignes, fréquenté par les artistes dont Max Jacob, Gaston Couté, et Jehan Rictus.

Il devient président de la société d’histoire et d’archéologie du vieux Montmartre au sein de laquelle fut fondé le « cercle des amis de Jean-Louis Vallas ».

Ami d’artistes célèbres de l’époque, comme Francis Carco, la poètesse Anna de Noailles, la duchesse Edmée de La Rochefoucauld, le comédien Pierre Bertin, Mac-Orlan, Marcel Aymé son caractère chaleureux, sa verve et son talent font de lui quelqu’un d’apprécié dans ces cercles littéraires et réunions d’artistes.

Jean-Louis Vallas (à droite) avec le conservateur du musée de Montmartre Claude Charpentier

Jean-Louis Vallas (à droite) avec le conservateur du musée de Montmartre Claude Charpentier

Ses recueils sont illustrés par Robert Naly, Jean Carzou, Édouard Georges Mac-Avoy, Marie Laurencin, Yves Brayer, Henri Cazou ou encore la photographe Denise Colomb. L’un de ses poèmes, par delà les étoiles, est mis en musique par Henri Sauguet, d’autres par Ted Scotto.

En 1964, il donne une conférence sur la poésie de la tendresse à la Maison de l’Amérique latine et devient président d’honneur du cercle poétique et littéraire « le Konthrepié ». Une veillée au Lapin Agile est consacrée à son livre « Paris vivant » sous la présidence de Roland Dorgeles et de Maurice Garçon.

Le 10 février 1969, il est reçu à l’académie septentrionale. (Cette académie établira la liaison intellectuelle entre les admirateurs de la culture septentrionale). Un an plus tard, en 1970, il publie son « Saint Louis« , un long poème consacré au roi de France Louis IX, pour lequel il recevra le prix Marie Havez-Planque de l’Académie française.

Son poème « Crèche dans mon coeur » est publié dans le numéro de décembre 1978 de la Revue des deux mondes 7. Il est aussi publié dans la revue de poésie de Maurice Bousquet « Points et contrepoints. »

Très impliqué dans l’association de l’ordre des Palmes académiques, il devient président de la section des Palmes académiques du 18e arrdt de Paris et se lie d’amitié avec le président de l’Amopa Jacques Treffel et sa femme Marguerite.

Le 13 juin 1983, il reçoit le prix Alfred de Vigny pour « Par delà les étoiles ».

Point de vue, 1983, remise du grand prix de poésie Alfred de Vigny

En 1986, il devient docteur ès-lettres, à 85 ans, en soutenant sa seconde thèse, sur l’œuvre poétique d’Auguste Angellier cette fois, sous la direction du professeur Louis Forestier à Paris 10. A la fin de sa vie il est encore souvent invité dans les cercles littéraires (8).

Il s’éteint le 17 novembre 1995 à Paris, dans sa 95e année. Il est inhumé dix jours plus tard au cimetière de Chalou-Moulineux, près d’Étampes. Sa femme décède en 2009 et est enterrée au Père Lachaise.

Avant et après sa mort, ses poèmes sont récités et célébrés par Jean Davy, de la Comédie française, Georges Coste (Cnie Renaud-Barrault), Isabelle Coste, Charlotte Dumas, Sophie Bergé, etc.

Distinctions

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Jean-Louis Vallas recevant la Médaille de la Société académique Arts-Sciences-Lettres

Les Palmes académiques de Jean-Louis Vallas sur son poème "Pont toutou"

Les Palmes académiques de Jean-Louis Vallas sur son poème « Pont toutou »

Notes et références

  1. ↑ Biographie in Les montmartrois, 2004, Ed. André Roussard
    Histoire de la poésie française XXe siècle, de Robert Sabatier, p.116
  2. ↑ Pierre Bertin, préface aux Rimes Buissonières, p. I
  3. ↑ Duchesse de La Rochefoucauld, préface de « Résonance de Paris »
  4. ↑ Réception de JL Vallas à l’académie septentrionale, Discours d’Henry-Louis Dubly, p.6
  5. ↑ Duchesse de La Rochefoucauld, Résonance de Paris, p. 12
  6. Jean Grassin, la femme, encyclopédie poétique, 1960.
  7. Revue des deux mondes, décembre 1978
  8. Conférence auprès de l’association défense de la langue française, 1992

 

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